Une douleur d’appendicite commence souvent autour du nombril, puis se fixe en bas à droite du ventre en 12 à 24 heures, avec perte d’appétit, nausées et parfois une fièvre légère. Elle s’aggrave à la toux, à la marche et à la palpation. Ce tableau impose un avis médical le jour même, sans manger ni prendre d’antalgique : après 36 à 48 heures, l’appendice peut se perforer.
L’appendicite est l’inflammation de l’appendice, un petit tube de quelques centimètres rattaché au côlon, en bas à droite de l’abdomen. Elle touche surtout les 10-30 ans, mais peut survenir à tout âge. Sa douleur a une trajectoire typique qu’il est utile de connaître : elle migre, puis s’installe. Voici comment la reconnaître, ce qui peut la simuler et quoi faire d’ici l’avis médical.
Où et quand la douleur apparaît-elle ?
Au début, la douleur est floue, diffuse, souvent ressentie autour du nombril ou dans le haut du ventre. Elle évoque une indigestion. Entre 12 et 24 heures, elle se déplace en bas à droite, dans la fosse iliaque, et devient plus précise : on peut la montrer du doigt. Le point de McBurney, situé aux deux tiers de la ligne qui relie le nombril à l’os saillant de la hanche droite, est typiquement douloureux à la pression.
| Délai depuis le début | Ce que l’on ressent | Décision |
|---|---|---|
| 0 à 12 h | Douleur diffuse autour du nombril, gêne digestive | Surveiller, ne pas manger lourd |
| 12 à 24 h | Douleur nette en bas à droite, nausées, appétit coupé | Avis médical le jour même |
| 24 à 48 h | Douleur forte, fièvre, ventre dur | Urgences sans attendre |
| Après 48 h | Douleur parfois soudain moins vive puis diffuse, fièvre élevée | Urgences : risque de perforation |

Quels signes l’accompagnent ?
La douleur ne vient presque jamais seule. La perte d’appétit est très fréquente, avant même la douleur nette. Viennent ensuite des nausées, parfois un ou deux vomissements, et une fièvre modérée entre 37,5 et 38,5 °C. La douleur augmente quand on tousse, quand on marche ou quand on se redresse, et la personne trouve souvent un soulagement en repliant la jambe droite.
- Douleur en bas à droite qui s’aggrave au fil des heures.
- Perte d’appétit, nausées, vomissements.
- Fièvre légère à modérée, parfois absente au début.
- Ventre dur ou très sensible, douleur au relâchement de la main qui appuie.
- Constipation ou, plus rarement, diarrhée légère.
Les formes atypiques existent : chez la femme enceinte, la douleur est plus haute ; chez la personne âgée, la fièvre peut manquer et la douleur rester discrète ; chez l’enfant, tout se précipite plus vite.
Écarter ce qui peut y ressembler
Toutes les douleurs en bas à droite ne sont pas des appendicites. Le médecin les distingue par l’examen, la prise de sang et l’imagerie. Une gastro-entérite, par exemple, provoque des diarrhées plus franches et une douleur diffuse : notre fiche sur la gastro-entérite et la réhydratation en rappelle les signes.
| Cause possible | Ce qui la distingue |
|---|---|
| Gastro-entérite | Diarrhée liquide, douleur diffuse, pas de point fixe |
| Kyste ovarien ou torsion | Douleur pelvienne brutale, souvent chez la femme jeune |
| Colique néphrétique | Douleur dans le flanc qui irradie vers l’aine, sang dans les urines |
| Adénite mésentérique | Surtout l’enfant, après une angine ou un rhume |
| Constipation | Douleur sans fièvre, soulagée après les selles |
Que faire, et ce qu’il faut éviter
Devant ce tableau, appelez votre médecin ou rendez-vous aux urgences le jour même. Si la douleur est forte, si la fièvre dépasse 38,5 °C ou si le ventre est dur comme du bois, appelez le 15 sans attendre. Notre fiche sur la fièvre chez l’adulte donne les seuils.
- Ne mangez ni ne buvez en attendant l’avis : une opération peut être décidée rapidement.
- Ne prenez pas d’antalgique ni d’anti-inflammatoire : ils masquent la douleur sans arrêter l’évolution.
- Ne posez pas de bouillotte sur le ventre : la chaleur peut favoriser la perforation.
- Ne prenez pas de laxatif, qui accélère le transit et aggrave l’inflammation.
Comment se passent les examens et le traitement ?
Le diagnostic repose sur l’examen du ventre, une prise de sang (globules blancs et CRP) et, selon l’âge, une échographie ou un scanner. Le traitement standard est l’appendicectomie, le plus souvent par cœlioscopie : trois petites incisions, une à trois nuits d’hospitalisation, reprise du travail en une à deux semaines. Dans certaines formes simples, des antibiotiques seuls sont proposés, avec un risque de récidive que le chirurgien discute avec le patient.
Après l’opération, la douleur diminue en quelques jours. Une fièvre persistante ou une douleur qui augmente à nouveau impose un nouveau contact médical. Si la douleur siège plutôt dans le haut du ventre à droite, la fiche sur la douleur au foie aide à s’orienter.
Questions fréquentes
Où fait mal l’appendicite ?
Elle débute souvent autour du nombril, puis la douleur se fixe en bas à droite du ventre en 12 à 24 heures. Elle augmente à la toux, à la marche et à la pression sur la fosse iliaque droite.
L’appendicite peut-elle passer toute seule ?
Parfois la douleur diminue, mais cela ne signifie pas une guérison : l’appendice peut se perforer. Toute suspicion nécessite un avis médical, même si la douleur semble s’atténuer.
Combien de temps peut-on attendre avant d’aller aux urgences ?
Consultez le jour même, dès que la douleur se fixe en bas à droite. Après 36 à 48 heures, le risque de perforation et de péritonite augmente nettement.
Peut-on avoir une appendicite sans fièvre ?
Oui, surtout au début. La fièvre est modérée ou absente dans de nombreux cas. La douleur et la perte d’appétit sont des signes plus fiables.
Que ne faut-il pas faire en cas de suspicion d’appendicite ?
Ne pas manger, ne pas prendre d’antalgique, ne pas utiliser de bouillotte et ne pas prendre de laxatif. Appelez votre médecin ou le 15 si la douleur est forte.
Si une douleur en bas à droite s’installe depuis plus de 12 heures avec des nausées, ne tentez pas d’attendre le lendemain : appelez votre médecin ou le 15, et gardez le ventre vide en attendant.


