Le poignet réunit huit petits os du carpe, le radius, l’ulna, des ligaments, des tendons et un nerf, le tout dans quelques centimètres. Une douleur peut venir de n’importe lequel de ces éléments. Le plus utile est donc de localiser la douleur, de repérer le contexte, puis de décider si elle se soigne seule ou demande un avis. Voici la démarche, étape par étape.
Où se trouve la douleur : la carte des causes
Les professionnels de la main localisent la douleur en trois zones : le côté du pouce (radial), le centre, le côté du petit doigt (ulnaire). Cette zone oriente la cause, sans remplacer l’examen.
| Zone de la douleur | Causes fréquentes | Indices associés |
|---|---|---|
| Côté du pouce | Tendinite de Quervain, fracture du scaphoïde, arthrose à la base du pouce | Douleur localisée à la base du pouce, après un choc ou un geste répété |
| Centre du poignet | Entorse ligamentaire, kyste, arthrose | Gêne en appui, parfois une petite boule |
| Côté du petit doigt | Lésion du ligament triangulaire, tendinite de l’extenseur ulnaire du carpe | Douleur aggravée en tournant l’avant-bras |
| Poignet et main avec fourmillements | Canal carpien | Engourdissements du pouce, de l’index et du majeur |
| Les deux poignets, la nuit, avec raideur le matin | Une maladie inflammatoire, à faire explorer | Douleur bilatérale, enraidissement matinal |
Après un choc : entorse ou fracture ?
Quand la douleur suit une chute ou un choc, elle est immédiate et souvent vive. Deux lésions dominent. L’entorse touche les ligaments, étirés, parfois rompus. La fracture la plus fréquente concerne le scaphoïde, l’os situé à la base du pouce, et elle est parfois difficile à détecter, même sur les radiographies. Elle est aussi parfois prise à tort pour une simple entorse.
C’est pourquoi une douleur persistante après une chute, même modérée, justifie un avis médical : une fracture mal consolidée peut laisser une douleur chronique et une perte de mobilité. Mieux vaut ne pas attendre.

Tendinite du poignet et de Quervain
La tendinite est une inflammation des tendons ou de leur gaine, la ténosynovite. Elle est très fréquente chez les personnes qui sollicitent leur poignet : sports de raquette ou de balle, mouvements répétitifs, travail sur ordinateur ou à la chaîne. Elle se manifeste par une douleur lors des mouvements, parfois un gonflement, une rougeur et une perte de force.
La tendinite de Quervain concerne les tendons du pouce. Elle donne une douleur plus localisée, sur le bord externe du poignet, à la base du pouce, et elle est typique des jeunes parents qui soulèvent leur bébé. Un classement en quatre stades, celui de Blazina, mesure la gravité :
| Stade | Quand la douleur apparaît |
|---|---|
| 1 | Après l’effort |
| 2 | Pendant l’effort |
| 3 | Douleur permanente |
| 4 | Rupture du tendon |
Une tendinite débutante se soigne généralement en quelques jours. Au-delà, ou dès que la douleur devient permanente, il faut un diagnostic précis : les traitements varient selon le tendon touché.
Fourmillements : le nerf médian en cause
Quand le poignet s’accompagne d’engourdissements ou de picotements dans le pouce, l’index et le majeur, le nerf médian comprimé dans le canal carpien est le suspect principal. Le syndrome du canal carpien touche plus souvent les adultes de plus de 40 ans, les femmes et les personnes obèses. La douleur est parfois ressentie surtout dans la main, mais elle se confond facilement avec une douleur du poignet.
Pour reconnaître ce syndrome, ses signes de nuit et le rôle de l’attelle, voyez l’article sur le canal carpien. Pour une douleur à type de brûlure ou de décharge sur un trajet nerveux, la page sur la douleur neuropathique donne le test de repérage.
Douleur qui dure : arthrose et autres causes
Une douleur qui dure plusieurs semaines n’est pas une simple fatigue du poignet. Les causes chroniques les plus citées sont l’arthrose, notamment à la base du pouce, qui touche fréquemment les femmes après la ménopause, la fracture ancienne du scaphoïde non consolidée, une ancienne lésion de ligament, un kyste synovial, une compression nerveuse ou une arthrite inflammatoire débutante. Pour aller plus loin, les douleurs articulaires de la ménopause explique quand une raideur des mains ou des poignets doit conduire à consulter.
Un poignet douloureux depuis plusieurs semaines est souvent banalisé, surtout sans traumatisme. Pourtant, une prise en charge précoce limite le risque de chronicisation et de perte de fonction durable.
Soulager sans aggraver
En attendant l’avis médical, quelques gestes simples évitent d’aggraver une douleur légère :
- Cesser ou réduire le mouvement qui déclenche la douleur : le repos est la première mesure.
- Appliquer du froid sur la zone en cas d’inflammation : il agit comme un antalgique.
- Demander conseil à son pharmacien pour les antalgiques ou anti-inflammatoires disponibles sans ordonnance, en vérifiant les contre-indications.
- Porter une attelle seulement sur indication d’un médecin ou d’un kinésithérapeute : elle soulage et permet de continuer à se servir de la main.
- Éviter l’automédication prolongée : si la douleur dure, le diagnostic prime.
La kinésithérapie est le traitement de référence de nombreuses douleurs du poignet : mobilisations, renforcement, étirements adaptés, conseils d’ergonomie. Elle prévient aussi les récidives.
Quand consulter, et quels examens attendre
On consulte si la douleur persiste plusieurs jours, s’intensifie, ou s’accompagne de gonflement, de raideur ou d’une perte de mobilité. Après un choc, ou en cas de douleur vive, on ne diffère pas la consultation.
| Examen | Ce qu’il cherche |
|---|---|
| Examen clinique | Zone douloureuse, amplitudes, tests de tendons et de ligaments |
| Radiographie | Fracture, pseudarthrose, arthrose |
| Échographie | Tendinite, kyste, inflammation localisée |
| IRM ou arthroscanner | Lésion de ligament, cause floue quand les radios sont normales |
| Prise de sang | Marqueurs d’inflammation en cas de doute sur une arthrite |
| Électromyogramme | Compression d’un nerf isolée |
Pour d’autres articulations touchées par les mêmes mécanismes, voyez la douleur au genou, où la localisation guide aussi le diagnostic.
Prévenir les récidives au travail et au sport
Les personnes les plus exposées sont les sportifs, les gens qui travaillent sur ordinateur, et ceux dont le métier est manuel, comme les coiffeurs ou les caissiers. Les mesures de prévention sont concrètes : adapter la position de l’ordinateur, utiliser un repose-poignet, faire des pauses actives régulières, éviter l’extension extrême du poignet dans les exercices comme les pompes, et porter une attelle ou un bandage lors d’efforts à risque.
Questions fréquentes
Pourquoi mon poignet est-il douloureux sans être gonflé ?
Une douleur sans gonflement peut venir d’une tendinite débutante, d’une compression nerveuse, d’une arthrose ou d’une ancienne lésion de ligament. Si elle dure plusieurs jours, consultez pour un diagnostic.
Comment savoir si c’est une entorse ou une fracture ?
On ne peut pas le savoir seul : la fracture du scaphoïde est souvent prise pour une entorse et peut échapper à la première radiographie. Après un choc, un avis médical est conseillé.
Combien de temps dure une tendinite du poignet ?
Une tendinite débutante se soigne généralement en quelques jours avec le repos et le froid. Si la douleur revient ou devient permanente, il faut un diagnostic précis.
Une attelle de poignet est-elle utile ?
Elle soulage et permet de continuer à utiliser la main, mais on la porte sur indication d’un médecin ou d’un kinésithérapeute, selon la cause de la douleur.
Les fourmillements dans la main viennent-ils du poignet ?
Souvent du nerf médian dans le canal carpien, qui donne des engourdissements du pouce, de l’index et du majeur. Un avis médical confirme la cause.
Si votre poignet fait mal depuis plusieurs jours, notez où il fait mal (pouce, centre, petit doigt), ce qui le déclenche et si des fourmillements s’ajoutent, puis prenez rendez-vous avec votre médecin avec ces repères. En attendant, ménagez le geste qui provoque la douleur et passez à la pharmacie pour un conseil adapté.
Elsan, Tendinite du poignet : définition, causes et traitements, consulté le 12 octobre 2026. Photo de couverture : Pexels.


